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 Municipales au Bénin: la confusion aura marqué le "test présidentiel"

  • Franco
  • Lundi 21/04/2008
  • 18:59
  • Lu 48 fois
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Les élections municipales et locales de dimanche au Bénin, présentées comme un test pour le président Boni Yayi, auront surtout porté la marque d'une grande confusion, qui augure mal des opérations de dépouillement, dont le début est prévu mardi.

Quelque 4 millions de Béninois devaient élire 1.435 conseillers communaux et municipaux, ainsi que des conseillers de village et de quartier dans les 77 communes du Bénin, pays d'environ 8,5 millions d'habitants. 

Dimanche, certains bureaux de vote n'ont pas ouvert leurs portes, en raison de l'absence de matériel électoral. Et la plupart ont ouvert avec de gros retards, notamment à Cotonou, Porto-Novo, Ouidah, Abomey et Parakou où les opérations de vote ont été prolongées jusqu'à la nuit.

Selon beaucoup d'observateurs sur le terrain, un nombre important de Béninois n'ont pas pu voter du fait de ces problèmes d'organisation.

"La centralisation des résultats va se faire au compte-gouttes dans la journée", a déclaré lundi le président de la Commission électorale nationale (Céna), Pascal Todjinou.

Il n'a pu ni donner le taux de participation, ni une date pour les résultats.

"Ce n'est pas un scrutin présidentiel, ni législatif. Il y a plus de 25.000 candidats, il faut compter les voix chacun d'entre eux, ce n'est pas facile et nous nous y attelons", a-t-il expliqué.

La Céna est censée communiquer les résultats au plus tard une semaine après le scrutin.

"Nous savons que l'élection a été un chaos. Il est clair qu'il va falloir la reprendre partout où il y a eu irrégularités, ou partout où les gens n'ont pas pu voter", a déclaré un membre de la Cour suprême, institution organisatrice de ces élections.

"Cela doit se faire très vite", a-t-il dit par téléphone.

Commentant la confusion du scrutin, la presse béninoise de lundi renvoyait dos à dos le gouvernement et la Céna.

"L'impréparation dont a fait preuve la Céna et le retard dans la mise à disposition des fonds pour l'organisation du scrutin sont à l'origine du désordre", écrit ainsi le quotidien Le Matinal.

Sous le titre "confusion généralisée", son confrère La Nouvelle Tribune (indépendant) juge que, même si le scrutin s'est déroulé "dans un climat apaisé", il a été marqué par "de nombreuses failles". Le journal cite l'utilisation de seaux en plastiques dans des bureaux du nord du pays, faute d'urnes.

L'enjeu essentiel, pour l'actuel président Boni Yayi, est de contrôler les quatre grandes villes du pays: Cotonou, la capitale administrative Porto-Novo (fief d'un grand parti d'opposition, le PRD), Parakou et Abomey, bastion du parti d'opposition de la Renaissance du Bénin (RB).

Deux ans après son triomphe surprise à la présidentielle de 2006, le mécontentement a grandi dans le pays, et surtout dans la classe politique, qui lui reproche des promesses non tenues et un exercice solitaire du pouvoir.

"Si le peuple estime que ses réformes sont crédibles, il lui en donnera quitus. Sinon il va devoir rectifier le tir, car c'est la dernière élection avant la présidentielle de 2011", analyse le politologue Serges Zèvounou.

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