L’écrivain Camerounais Guillaume Ôyono-M’Bia donnait à sa première pièce de théâtre parue en 1976, le titre de « Trois prétendants … un mari » Par analogie, on parlera de trois potentiels prétendants au poste de maire de Parakou. En effet, et, en attendant la proclamation officielle des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Cena), les candidats des listes des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dans la municipalité de Parakou, susceptibles d’être élus ne cachent pas leurs ambitions. Au demeurant ils se livrent à une guerre froide. Le maire sortant, réélu conseiller souhaite rempiler. La directrice générale du Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb), Mme Mèmounatou Baboni épouse Sinimbou, s’est déclarée candidate aux fonctions de premier administrateur de la municipalité. Jacob Ichola, directeur régional d’exploitation zone nord de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) veut aussi briguer le douillet fauteuil du maire de Parakou. Tous appartiennent à la liste des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de Parakou. Les appétits sont voraces pour les uns et les autres qui veulent prendre le titre de locataire de l’hôtel de ville. Mais quelles chances ont-ils ? Le maire sortant, Soulé Alagbé se targue d’avoir, en 7 mois, démontré qu’il est en mesure de mieux faire, dans les domaines des relations humaines, de la gouvernance locale, de l’assainissement de la ville, de stratégie de mobilisation de ressources financières pour l’autofinancement de grands projets communaux. Bref, qu’il est en mesure d’assumer pleinement les fonctions de maire de Parakou. Mèmounatou Sinimbou quant à elle, fait ses preuves au Cncb. Elle semble avoir subie avec succès l’expérience des audits financiers. Elle aspire sérieusement à assumer les fonctions de maire de Parakou. Elle a même déjà fait sa déclaration de candidature sur une radio à Parakou. Mais sa cote de popularité est inférieure à celle de Soulé Alagbé. Car les chiffres compilés après la fermeture des bureaux de vote à Tourou et à Kpébié, respectivement, fiefs de M ; Alagbé et de Mme Sinimbou sont édifiants. A Tourou, Soulé Alagbé n’a pas fait de cadeau au G13, la liste adverse. Par contre à Kpébié, Mme Sinimbou n’a pas été une pièce maîtresse pour Fcbe. Le jeune candidat Bienvenu Babatundé du G13 a sérieusement rivalisé avec elle. M. Ichola, serait le protégé du président Yayi Boni aux fonctions de maire de Parakou. Qu’à cela ne tienne ! L’élection du maire, selon les dispositions légales actuellement en vigueur n’est pas l’affaire du peuple. Elle incombe aux « grands électeurs » comme dans le système américain. Il appartient donc aux prochains élus municipaux d’élire leur maire pour la commune et pour le peuple. Mais il serait intéressant que le maire des « grands électeurs » incarne l’unité de la municipalité. C’est-à-dire qu’il soit populaire. Ce n’est pas forcément un plaidoyer au profit de Soulé Alagbé au détriment des autres potentiels candidats de la liste Forces cauris pour un Bénin émergent à Parakou. Il s’agit d’une simple analyse d’observateur averti. Dans tous les cas, rien n’est encore perdu. Ni pour l’un ni pour l’autre. La succession est toujours ouverte. Et les futurs candidats se craignent réciproquement. Dans cette famille politique d’où sortira la majorité des sièges, les candidatures y sont nombreuses. Les ambitions des uns et des autres, aussi nobles soient-elles, pourraient leur paraître nuisibles et profiter même à un quatrième larron. En effet, en supposant que les Fcbe auront 18 conseillers et en admettant que chacun des trois candidats lie à sa cause 5 conseillers, Fcbe sera divisées en trois parts de 6 conseillers. Or dans ces conditions, le G13 qui aurait 7 conseillers deviendrait majoritaire. Et ainsi, l’avantage aurait desservi les cauris. Mais là où le bas blesse, c’est qu’il y a, en dehors des trois candidatures principales chez les Fcbe, d’autres candidatures en filigrane au sein du même groupe.
Jean-Claude Kouagou (Br. Borgou/Alibori)

