Tu m’as récemment dit que tu en avais marre. Oui, je te comprends. Je sais que la rumeur devient de plus en plus folle et insupportable. Si nous rompons, la rumeur aurait raison de nous. Oui, la rumeur l’emporterait et les mauvaises langues se frotteront les mains parce qu’ils auront gagné la partie. C’est vrai que seuls nous deux savons ce qui se passe entre nous et les Béninois ne peuvent que conjecturer sur les apparences. Si je me permets de t’écrire en ce moment critique, c’est pour que tu tiennes le coup et que tu fasses face aux rumeurs avec fierté. Il peut y avoir une histoire intime entre nous mais en quoi cela gène-t-il le monde ? Je suis fier de t'avoir à mes côtés et tu devrais être fière de m’avoir à tes côtés. Il te suffit de jeter un petit regard sur l’histoire des Etats-Unis qui sont la plus grande démocratie du monde, pour t’apercevoir que des histoires du genre sont légion et que ça ne fait que jaser dans les médias. Je ne te compare pas à Monica Lewinsky, mais je me dis que si Bill Clinton a pu se tirer d’affaire, il n’y a pas de raison que les rumeurs ne soient pas bientôt derrière nous. En ce moment au Bénin, nous sommes bien loin du syndrome Clinton-Lewinsky. D’abord parce que j’ai fait en sorte qu’aucun média ne puisse jamais me critiquer et ensuite parce que j’ai pris de réelles mesures de répression et d’intimidation des journalistes rebelles. Tu peux me faire confiance, la rumeur ne restera qu’à l’étape de rumeur. J’ai déjà contacté notre ami Roger Gbégnonvi à qui j’ai demandé de produire dans les brefs délais une chronique pour dénoncer les rumeurs qui circulent en ce moment sur des affaires entre toi et moi. J’avoue qu’il l’a bien fait. Je t’envoie d’ailleurs ici un petit extrait «…N’en pouvant plus de rumeurs, le compagnon de Reckya prend ses distances, Reckya aussi finit par s’effondrer, récupérée en morceaux par ses parents… Rappelons-nous cependant que ‘‘toutes les femmes sont à l’image de notre mère’’. En tant que femme, Reckya Madougou a droit à notre respect. Son honneur est notre honneur. Au surplus, c’est une femme vaillante à qui les Etats-Unis d’Amérique ont décerné le prix du courage au féminin. En tant que La Pasionaria de notre démocratie, Reckya a droit à notre admiration.» Je t’enverrai tout le texte du chroniqueur-ami Roger Gbégnonvi, incessamment.
A propos, tu m’as dit la dernière fois que ton compagnon semble au courant et en souffre. Il doit être très fragile, lui ! Rassure-le autant que tu peux encore mais à l’impossible nul n’est tenu. Ce ne sont pas des hommes qui manquent même si tu me dis souvent que tu l’aimes encore. C’est quoi l’amour ? Doit-on continuer à aimer un homme qui vous accuse de tout et de rien et qui vous pourrit continuellement la vie ? Et pourquoi ne rendrons-nous pas publiques nos relations si au cours de l’un de ces mois j’arrivais à me défaire de mon épouse que je trouve de moins en moins faites pour le travail de Première dame. N’oublie jamais que tu es une femme libre et indépendante. Et c’est d’ailleurs ces qualités qui font que je t’apprécie énormément. Tu es une femme charismatique, une femme à poigne qui serait une formidable Première dame pour le Bénin. Reckya, tu es une femme emblématique qui a su lutter pour la préservation de notre démocratie. En 2006, tu as créé le Front des organisations de la société civile pour la présidentielle et deux ans auparavant, tu as déboulé sur la scène nationale avec le slogan incisif «Touche pas à ma constitution». Ton combat a obligé le Président Matthieu Kérékou à renoncer à la révision de la constitution pour se représenter à la présidentielle de 2006. Ton combat m’a permis de battre la veille classe politique béninoise pour devenir Président de la République. Je te dois beaucoup et l’intimité qu’il y a entre nous ne me suffit pas pour véritablement t’exprimer tout l’intérêt que j’ai pour toi. Tu es aujourd’hui, Reckya, la Présidente de l'ONG Elan. Une ONG qui entend contribuer à la formation d'une jeunesse aguerrie au leadership citoyen pour la promotion des meilleures pratiques démocratiques et la bonne gouvernance. Ton silence permanent et complice me sauve la vie ! Tu aurais déjà pu m’attaquer sur mes dérapages démocratiques mais on est ensemble et on se fait plaisir en catimini. C’est cela qui compte. Je voudrais encore une fois te réaffirmer mon attachement. Tu peux passer au bureau quand tu voudras, c’est chez toi. Mais sois forte.
FimacRubriquesArchives par mois
Annonces GoogleNewsletters |
FETE DU FIMAC
|

