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FETE DU FIMAC

LE TOURNOI -FIMAC- FETE INTERNATIONALE DE MARACANA DE COTONOU EST DESORMAIS PLUS QU'UNE REALITE ET REUSSITE. ALORS CHERS CLUBS OU EQUIPES DE FOOT OU DE MARACANA, CHASSEUR DE TROPHEE ET DE COUPE FAITES VOUS VITE INSCRIRE EN TELECHARGEANT LE FORMULAIRE D'INSCRIPTION SUR LE SITE DU FIMAC


 Tournée africaine du Projet Poto-Poto

« Aura » en concert à Cotonou demain

  • Franco
  • Vendredi 25/04/2008
  • 16:31
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Les membres du collectif des « Artistes unis pour le rap africain » (Aura) ont animé une conférence de presse le jeudi 24 avril 2008 au Repaire de Bacchus, pour annoncer la tenue d’une série de concerts au Bénin dans le cadre du projet Poto-Poto qui est une campagne de sensibilisation sur les droits des enfants et les problèmes de la jeunesse.

 QUELLE MUSIQUE POUR LE TOGO?

MUSIQUE TOGOLAISE, CRISE IDENTITAIRE

  • Franco
  • Samedi 12/04/2008
  • 02:42
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Quoi qu'en pensent d'aucuns, ce n'est pas seulement en politique que le doute traverse le Togo, malgré la certitude de la plupart des électeurs lors des dernières élections, il y a un petit malaise. Le pays tout entier vit des doutes, doutes éminemment culturels, dirais-je.


Il ne serait pas incongru de dire que le débat sur la littérature nationale, en ce qui concerne sa mondialitude et sa togolitude, tombe également en musique. Quelle musique pour le Togo ? Il faut dire que si les voisins du Togo sont des exportateurs de musiques auxquelles on pouvait les identifier, il n'en est pas de même de notre pays. Fortement impressionnés par tout ce qui se passe ailleurs,  nos artistes peu inventifs s'illustrent dans de pales copies des musiques  africaines et occidentales.

Une sourde polémique naquit il y a quelques années quand, au cours d'une interview, King Mensah, la star de la musique traditionnelle s'interrogeait sur l'opportunité ou l'avenir d'une musique telle que le rock'n'roll au Togo et en Afrique. Celui qui était visé était sans doute Jimi Hope, le premier rocker togolais et sans doute le premier en Afrique. On n'avait cru à l'époque à une guerre de leadership entre King Mensah et Jimi Hope.

Les deux musiciens sont en effet les deux plus fortes personnalités de la chanson togolaise, avec de grands caractères et surtout des ego boursouflés, une influence notable sur le théâtre musical national. Chacun a ses partisans. Zélés et fieffés imitateurs.

Après des années de disette, suite à la mort en 1973 de Bella Bello, l'arrivée de Jimi Hope dans les années 1980 avec son premier album Aglan et un morceau fétiche Santana rompait avec la monotonie et la morosité que l'on avait connues jusque-là. Avec son mélange de blues et de rock et un certain lyrisme, cela tranchait avec la tristesse monocorde de la musique de "parti unique". Même si son message n'était pas politique ni faisait peur à l'establishment, on croit percevoir en écho quelque chose en destination des gens de la rue, des plus pauvres. Jimi Hope constitue l'emblème d'une réussite de l'importation d'une musique " occidentale ", alors que la plupart des artistes nationaux se sont jusqu'alors illustrés dans de pales copies de ces genres de musique. Rien ne fait sourire que d'écouter un musicien togolais chanter du zouk, un genre musical noir malgré tout.

King Mensah est aux antipodes de tout cela.  Sorti de l'école de formation Ki Yi de l'ivoiro-camerounaise Werewere Liking Gnepo, la même qui a formé l'ivoirienne Dobet Gnahoré, il créa la vraie césure dans la musique togolaise par son inventivité, sa créativité, remettant au goût du jour la musique d'inspiration traditionnelle, mitonnée à la sauce de la modernité. La trouvaille ? Très simple pourtant : une re-visitation des rythmes traditionnels kamou, agbadja, akpessé etc., chantés sur le ton des mélopées du répertoire traditionnel, le tout reposant sur un travail sur la voix et la langue ewé-mina. L'art de King Mensah a une renommée internationale et est couronnée par deux Koras. L'homme ne craint pas de dire que la musique togolaise vient de naître avec lui ! Ce qui n'est peut-être pas faux, puisque historiquement, il a fallu attendre plus de deux décennies après la mort de Bella Bello pour voir surgir une telle éminence dans la musique nationale. Il a créé deux disciples : Agbedoglo, plus percussionniste que compositeur, et Sassou Koudou, l'espoir de la musique togolaise traditionnelle, encore plus moderne que King Mensah.Est-ce cette réussite internationale qui laisse à King Mensah de croire que son art est seul, le seul viable et le seul porteur au point de vouloir l'imposer comme la norme artistique à tous ? On peut se poser cette question au regard du concept du Festival Patriot, festival par lui et son entourage organisé le 24 mars dernier. 

Selon son directeur Jean-Claude Lawson-Dick, en même temps manager de King Mensah, "Le Festival Patriot s'inscrit donc dans cette démarche de recherche d'un genre musical spécifique auquel le Togo peut être identifié ". Alors que le thème du festival était "Musique togolaise et recherche chorégraphique", ce  qui laissait libre cours donc à la recherche et à la création, l'évènement s'était plutôt porté sur l'imitation stricto sensu de la musique du roi de la musique traditionnelle. Cet "impérialisme artistique" qui impose l'imitation servile peut-il constituer un modèle de valeur pouvant faire évoluer la musique togolaise ? Peut-on considérer l'imitation comme œuvre d'art ? Je ne veux pas revenir à la vieille querelle sur la nature et l'art.
De toutes façons, les scènes que j'ai vues à la salle de la Place des Fêtes Schéba me laissent pantois. Il fut un moment où j'eus la peur de ma vie quand l'un des groupes compétiteurs eut l'ingénieuse idée de brûler une grande croix comme dans le clip du morceau chanté ! N'eût été l'adresse des organisateurs, j'aurais terminé ma foutue vie de journaliste payé à quatre sous la semaine, calciné gratuitement.  Mais il serait maladroit de prendre à la légère ce que fait King Mensah, et d'ignorer l'importance et le sérieux de la chose. Sa musique est pour le moment la seule qui puisse déboucher sur un vrai succès commercial, si on supprime les défaillances "hénaurmes" de la politique culturelle togolaise. Le nom du festival, Festival Patriot, rappelle étrangement le fameux mouvement des Patriotes de Côte d'Ivoire, fer de lance du patriotisme, du nationalisme chauvin ivoirien qui maintient-faut-il le déplorer ou s'en féliciter ?- le régime de Laurent Koudou Gbagbo à Abidjan.  Il se déroule effectivement dans un contexte politico-social où le Togolais moyen se croit déposséder par l'étranger,  où chez King Mensah naît  un certain nationalisme.  Il se déroule effectivement dans un contexte politico-social où le Togolais moyen se croit déposséder par l'étranger,  où chez King Mensah naît  un certain nationalisme. On préfère passer sous silence l'anecdote selon lequel il refusa de rencontrer son ancien maître, Wèrèwèrè Liking, lors de son arrivée à Lomé en 2006 dans le cadre des festivités de la fête de l'indépendance du 27 avril. A l'époque, Wèrèwèrè Liking et l'Iivoiro-guinéen Souleymane Koly, engagés par le gouvernement togolais pour monter le grand spectacle de l'indépendance s'étaient heurtés à l'hostilité vive du milieu artistique national. De là l'attitude de King Mensah….. Mais on peut donner une autre interprétation d'ordre psychanalytique à ce comportement.

Quelle (s) musique (s) pour le Togo ? Je n'ose pas y répondre. Mais la polémique court encore. Dans une interview à paraître ce week-end dans un nouveau magazine, Night Life, Jimi Hope revient sur le sujet alors que la question qui lui était posée n'était pas manifeste.
LISEZ PLUTOT :

Night Life: Beaucoup de mélomanes estiment que Jimi ne valorise pas la culture togolaise avec son genre musical. Et pourtant l'on aime écouter vos chansons. Comment expliquez vous ce paradoxe ?
(Sourire). Ce dilemme, en fait, au début je suis arrivé avec un lyrique. Quand je suis arrivé avec le lyrique, notamment avec Aglan, je venais d'apporter une nouvelle manière de chanter au Togo. Quand on prend aujourd'hui tous ses jeunes rappeurs et chanteurs du Hip Hop ; quand tu écoutes Aglan, tu reconnais mon influence sur eux.  C'est cette façon de libérer le lyrique. En dehors de ça, j'ai apporté une musique qui est le blues, le rock, la pop, la soul ; je suis ouvert au monde ; je ne suis pas renfermé sur mon village (NDRL, souligné par la rédaction). Je peux faire de l'Akpéssé, du Blékété, du gazo, et de l'akpatcha. Mais nous sommes aujourd'hui à l'ère des nouvelles technologies de la communication et d'Internet. Durant mon séjour aux Etats-Unis, j'ai constaté qu'il y a plusieurs milliers de Togolais là-bas, et quand je les rencontre, ils disent what's up man ? How are you ? Ils ne parlent plus le dialecte local. Pour être international, quand on veut franchir les douanes, aller sous d'autres cieux, on est obligé de comprendre le français, l'arabe ou l'anglais . Et c'est impérativement quelque chose de fondamental pour la carrière. Je pense que ce n'est pas tout le monde qui pourrait comprendre ça. Dans mes albums, il y a bien de chansons en anglais. Chanter en anglais, ce n'est pas facile. Il faut déjà composer la chanson en mina, puis traduire ça dans une langue qui n'est pas la sienne.
Night Life: Quels sont les soutiens les plus importants de Jimi Hope ?
Mes soutiens les plus sûrs que moi, c'est mon entourage, ma famille musicale et génitale, les gens de la rue. J'aime le dire parce que je ne suis pas né avec une cuiller d'argent dans la bouche. Je me suis battu avec mes ongles pour ramasser un peu de fortune, que j'ai encore dilapidée en cours de route. Je suis tous les jours en quête d'autres horizons. Tout ça rejoint la musique que je chante qui est le blues. Et quand je parle du blues, c'est une musique qui vient du Togo.


Night Life: Ah bon, informez-nous !?
Si si ! Le blues vient  du Togo parce que si on prend un grand pianiste de jazz comme Duke Ellington, quand il cherchait ses racines, il est venu sur la Côte ouest, et c'est au Togo qu'il les a trouvées. Il a donc produit Togo Brava Suite, un album en hommage au Togo dans lequel se trouve le  morceau Togo Brava Brava Togo. Allez sur google et vous  trouverez ça. Il y a également un film sur le blues qui s'appelle " crossroads ", -en français Le chemin de la gloire. Quand vous allez regarder ce film, quand on parle du blues, on parle de Légba. Le film est fait aux Etats-Unis mais on y parle du Légba. Les Américains ne savent pas ce que sait. Légba, ce n'est pas à Bamako, Legba c'est chez nous. Si mes frères ne connaissent pas l'histoire, c'est dommage
(NDRL,souligné par la rédaction). Vous savez quand on parle de l'histoire du Togo, on a eu beaucoup de célébrités à Lomé à l'époque, il y a eu Abotchi Gbedè. Ceux qui peuvent comprendre de quoi je parle,  savent de quoi je parle. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on a inventé la musique au Togo ou que la musique va naître (NDRL,souligné par la rédaction).  Elle est née depuis, elle a vécu. Comme chaque musique, elle a peut-être eu des baisses, mais elle a eu aussi  des victoires éclatantes. Moi je ne fais pas un bilan catastrophique de la musique togolaise (NDRL,souligné par la rédaction). Je rencontre plein de musiciens togolais en Europe qui sont des musiciens très doués derrière des grands chanteurs dans le monde entier. Ce qui serait important, c'est que le gouvernement, les gens de la diaspora et de la culture puisse s'organiser. Qu'il y ait lieu au Togo un festival qui dure sur trois jours où on verrait tous les fils du pays revenir tous les deux ans.  Ce n'est qu'un problème d'organisation. Parce que ces talents existent déjà, je sais par exemple qu'il y a des Togolais qui existent dans le staff de Michael Jackson. Quand on parle de Nicky et de certaines personnes, ce sont des gens qui ont voyagé tout le temps et qui ont eu à aller  avec la star de la pop music à maints endroits. Si aujourd'hui, malgré la présence de tous ces gens sont dans le show business, on me dit qu'il n'y a pas de Togolais capable de faire une bonne musique, c'est une insulte pour le Togo.

togocultures.com

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